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AU LONG DE LA LOIRE, À L'ÉCOUTE DU FLEUVE...

Ce programme est enrichi d’une ouverture sonore réalisée par l'audio-naturaliste Boris Jollivet, qui viendra compléter, en intermède, les pièces musicales.
Ensemble Jacques Moderne
11 chanteurs
direction Joël Suhubiette
Boris Jollivet, audio-naturaliste
Publié le 16/04/2018

"On la croit sereine, elle peut se révéler tumultueuse. On pense en maîtriser le cours, elle ne cesse de surprendre. Ici, le long de la Loire, nature et culture s'entremêlent, au sein de renaissances ininterrompues au fil de l'eau, au fil des siècles. Favorisant les échanges entre les hommes et inspirant artisans, penseurs, artistes ou voyageurs, c'est sur les rives de ce fleuve encore sauvage que s'épanouit en France au XVIème siècle l'esprit de l'humanisme de la Renaissance qui depuis deux siècles a traversé l'Europe en provenance d'Italie. Et l'on se plaît à imaginer la rencontre du fleuve avec l'esprit le plus célèbre de son temps, Léonard de Vinci, parti du Duché de Milan pour venir s'installer dans la région en 1516 à l'invitation de François Ier, et y finir ses jours en 1519. ''Ici Léonard, tu seras libre de rêver, de penser et de travailler'', lui aurait déclaré son nouveau mécène en lui offrant le château du Clos-Lucé, près d'Amboise. Rêver, penser et travailler. Telle une invitation programmatique à laisser s'épanouir ses idées, développer sa curiosité et ses talents créatifs et trouver la sérénité propre à la rêverie ou à la réflexion, comme nous avons tous pu, un jour, en faire l'expérience lors d'une promenade au bord de l'eau...

Le cours musical de la Loire, la musicalité du fleuve accompagnée du chant et des vols chorégraphiés des sternes, des grèbes huppés et des nobles hérons fait écho aux œuvres célébrées, jouées et chantées par l'Ensemble Jacques Moderne, qui met à l'honneur les compositeurs de la Renaissance au sein de son programme Au long de la Loire, à l’écoute du fleuve, dans les pas de Léonard. Les notes ou les chansons de Jean de Ockeghem, Clément Janequin ou Jean Mouton, pour ne citer que quelques-uns des maîtres français qui ont su trouver en ces rives source d'inspiration, ont peut-être à l'époque pu résonner aux oreilles du génie avant de traverser le temps pour parvenir jusqu'à nous.

Éternelle voire même intemporelle, la symphonie mêlée de la nature et des œuvres humaines révèle un univers riche qui rayonne également au-delà de nos frontières locales. Le tournant de la révolution numérique pourrait sembler loin de ces préoccupations esthétiques. Pourtant, cela apparaît comme un formidable horizon pour faire entendre, découvrir, redécouvrir, et faire admirer un patrimoine qui n'est pas voué à être figé. La musique, en particulier, a tout à gagner à faire vivre ses œuvres à travers de nouvelles interprétations, de nouveaux médias et des modalités sans cesse renouvelées. C'est en ce sens que l'Ensemble Jacques Moderne, dans le cadre de sa programmation, entend également mettre en avant la création par le biais d'une ouverture sonore réalisée par l'audio-naturaliste Boris Jollivet, qui viendra s'intercaler en intermède des pièces musicales. Agencée en fonction des œuvres vocales, la mise en relation de la musique de la Renaissance avec les véritables sons de la nature permet ainsi d'instaurer un dialogue aux multiples facettes (musique acoustique et « musique » numérique enregistrée, histoire et avenir, nature et culture), et invite le public d'aujourd'hui à adopter un regard différent sur les œuvres, tout en (re)découvrant les sons de notre environnement naturel. Pour Joël Suhubiette, « c'est donc, dans ce voyage musical, une nouvelle source sonore, un imaginaire poétique qui s'ajoute à la beauté toute abstraite de la musique ».

Que dirait Léonard s'il revenait aujourd’hui ? Il s'enthousiasmerait. Il dessinerait la modernité de demain, la nouvelle intelligence, peut-être pas si artificielle. Il se laisserait bercer par les mélodies de la nature et s'en nourrirait pour composer des architectures et des inventions propres à aider l'Homme à vivre dans ce monde multiple. Et, conscient de l'importance de continuer à faire vivre ce patrimoine culturel et à nouveau porté par l'esprit d'innovation et de découvertes, il s'écrierait : "Viva il nuovo umanesimo !" (Vive le nouvel humanisme !). Qu'attendons-nous alors pour partager cet enthousiasme et redécouvrir les trésors de la Loire et de son patrimoine, dans les pas de Léonard ? Viva Da Vinci !"

- Yoan Brouté

CRÉATION EN CO-PRODUCTION AVEC L'ABBAYE DE NOIRLAC et la collégiale SAINT-MARTIN d'ANGERS - DéPARTEMENT DE MAINE-ET-LOIRE

                              

boris jollivet au journal de 20h sur tf1

 

Programme:

Introïtus :
Manuscrit du Puy – XIIe-XVIe siècles

Exultantes in partu virginis 

Jean de Ockeghem (vers 1420-1497)
KYRIE de la Missa Fors seulement
Intemerata 

Clément Janequin (1485-1558)
Quand contremont verras
Herbes et fleurs
Bel aubépin verdissant
Le chant du rossignol

Fabrice Caietain (1540-1578)
La terre va les eaux buvant 

Pierre Certon (1515-1572)
Vignon Vignette

Clément Janequin (1485-1558)
Etans assis aux rives aquatiques
SANCTUS de la Missa La Bataille

Jean Mouton (1459-1522)
Nesciens Mater

Antoine de Févin (1470-1512)
Requiem : Introïtus 

Jean Mouton (1459-1522)
Déploration sur la mort d'Anne de Bretagne

Anonyme
Dedens la mer

Guillaume Faugues (1442-1475)
AGNUS DEI de la Missa Je suis en la mer